Six nuits sur l’Acropole
Domaine : Grec

Six nuits sur l’Acropole

Georges Séféris

Traduction du grec moderne et préface par Gilles Ortlieb.
La traduction a reçu le prix Nelly Sachs en 1994.

300 pages I 10,7 x 17 cm
ISBN 978-2-35873-215-4

14,00€

L’écrivain grec Georges Séféris est né à Smyrne en 1900, dont il sera chassé, comme toute la population grecque qui vivait encore en Asie mineure, par les Turcs en 1922. Après des études de droit à Paris, où il s’imprègne de culture française (Valéry, Gide), il fera carrière dans les services diplomatiques jusqu’à sa nomination au poste d’Ambasssadeur de Grèce à Londres en 1957. Toute son œuvre poétique – nourrie aussi bien aux sources antiques qu’à la poésie moderniste d’un T. S. Eliot (qu’il traduira en grec) – méditera sur cette perte aussi bien que sur celle du prestigieux passé d’un pays aux statues brisées, dont les habitants semblent condamnés, sans cesse, à un douloureux exil.
La récente parution de la monumentale édition de son journal intégral (Journées 1925-1971), aura permis aux lecteurs de langue française de se faire enfin une idée de l’ampleur du personnage qu’il s’agisse du poète, qui fut le premier auteur grec à recevoir le prix Nobel de littérature en 1963, ou du témoin privilégié qu’il fut, aux différents postes qu’il occupa, de tous les événements qui ont marqué l’histoire de la Grèce du siècle dernier.


Roman
Il nous semble donc opportun d’élargir encore son audience en faisant passer en collection de poche, son unique roman, Six Nuits sur l’Acropole, un livre de jeunesse, esquissé dans les années 1920, mais réécrit dans la fièvre vingt-cinq ans plus tard par Séféris alors qu’il était en poste au Liban dans les années 1950 et qu’il ne se sera jamais résolu à publier de son vivant, peut-être parce qu’il craignait d’y avoir révélé trop de lui-même. Sept jeunes gens, parmi lesquels Stratis, l’alter ego de l’auteur, s’y cherchent, perpétuellement tiraillés entre la grandeur passée de la Grèce et leur refus de la réalité présente d’Athènes, entre leurs rêves d’absolu et l’omniprésente sensualité à laquelle les invitent, en ce début de 1928, la grande ville et leur « croyance à la toute-puissance du corps » (comme il est dit dans un poème de 1941). Ils forment le projet de se réunir chaque nuit de pleine lune sur l’Acropole, avec l’espoir – illusoire dans l’Athènes « rétrécie » des années vingt – d’y puiser « la force de leurs ancêtres immortels ». Le projet échouera, bien sûr, mais nul besoin de connaître déjà l’œuvre poétique de Séféris, pour être séduit par ce portrait hachuré d’une poignée de jeunes gens en quête de cohésion et s’ébrouant dans une bohême qui nous semble encore assez neuve. Comme l’écrit le traducteur : « On peut lire ces Six Nuits sur l’Acropole comme un divertissement romanesque et moins juvénile qu’il n’y paraît, y chercher le portrait d’une ville et d’une génération où affleureraient aussi les réalités de l’époque, ou encore prêter à ce livre, sous le patronage de Dante qui introduit ce récit d’une jeunesse revisitée et l’éclaire de nouveau à la toute fin, des significations insoupçonnées. On y retrouvera dans tous les cas cette manière propre à l’auteur de s’attacher à tous les aspects du réel, jusqu’aux plus prosaïques, pour tâcher d’en entendre et d’en dégager le sens. »

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